Quand plus personne ne passe : la solitude des personnes âgées
On s'inquiète des chutes et des médicaments. On s'inquiète rarement du fait qu'une
personne n'ait parlé à personne depuis quatre jours — alors que c'est aussi une question
de santé, et pas seulement de moral.
Ce que la solitude déclenche
on mange moins quand on mange seul : la dénutrition commence souvent
là — voir manger seul, manger moins ;
on bouge moins, donc on perd du muscle, donc on chute ;
on parle moins, et les troubles de la mémoire s'installent plus vite ;
on consulte moins : plus personne ne remarque ce qui change.
Ce qui aide vraiment
Pas des grands gestes. Du régulier :
quelqu'un qui vient aux mêmes heures, les mêmes jours. C'est le repère
qui structure la semaine ;
partager le repas plutôt que de le déposer. Une table à deux, ce n'est
pas le même repas ;
sortir, même dix minutes, même au bout de la rue ;
parler dans sa langue. Pour beaucoup de familles portugaises du Valais,
c'est ce qui débloque tout —
acompanhamento em português.
Ce n'est pas du luxe
Deux après-midi par semaine avec quelqu'un qui parle, qui écoute et qui remarque, cela
retarde souvent bien plus qu'on ne l'imagine.