Quand manger devient un problème : la dénutrition des personnes âgées
Personne ne dit « je ne mange plus ». On dit « je n'ai pas très faim ». Et l'entourage
ne s'en rend compte que lorsque les vêtements flottent — c'est-à-dire tard.
Pourquoi ça arrive
manger seul : le premier facteur, et le plus sous-estimé ;
cuisiner devient trop fatigant, ou dangereux ;
le goût change, les médicaments coupent l'appétit ;
des problèmes de dents ou de déglutition qu'on n'a pas signalés ;
faire les courses n'est plus possible ;
après une hospitalisation, l'appétit met
des semaines à revenir.
Les signes
la ceinture, l'alliance, la montre qui tournent ;
le frigo qui ne se vide plus, ou toujours les mêmes conserves ;
de la fatigue, des chutes, des plaies qui ne cicatrisent pas ;
une pesée régulière est la seule mesure fiable — perdre 5 % de son poids en
un mois est un signal d'alerte.
Ce qui marche
Partager le repas. On mange davantage quand quelqu'un mange en face.
C'est le geste le plus efficace, et il ne coûte rien de plus.
Enrichir plutôt qu'augmenter les portions : fromage râpé, crème,
œuf, lait en poudre — plus de calories dans le même volume.
Cuisiner sur place : l'odeur ouvre l'appétit, un plateau livré froid
ne l'ouvre pas.
Fractionner : quatre petites prises valent mieux que deux repas
intimidants.
Et en parler au médecin : la dénutrition se traite, mais encore faut-il la nommer.
Préparer les repas, les partager et surveiller le poids fait partie de ce qu'Olinda fait
au quotidien. Lui en parler.